Dès que mon père a su que ma mère était enceinte, il l’a quittée… mon arrivée au monde démarrait bien !
Sentant la fragilité de ma mère, j’ai décidé d’être forte pour la sauver, et l’absence de mon père m’a fait croire que je ne pourrais jamais être aimée par un homme… et que je devrais faire sans…
 
A 2 ans1/2, ma mère se trouvant sans logement stable me confia à mon père, à l’autre bout de la France, jusqu’à mes 5 ans. Celui-ci, très occupé par son travail à la ferme, me confia à son tour à ses parents, non loin de là.
Quel bonheur de rencontrer ma grand-mère paternelle, débordant d’amour pour moi !
Pas de bol, je découvris plus tard que cet amour était pour remplacer inconsciemment sa propre fille, morte à 12 ans.
Autant dire qu’avec ce bagage d’enfant abandonné, ce rôle d’enfant de remplacement, et ce désir en moi de « sauver » ma mère… portant en plus un prénom choisit pour sa signification  : «  la guerrière » – allez savoir pourquoi ce choix d’ailleurs… 
Qu’allais-je bien pouvoir faire de ce cocktail acidulé ? eh bien, me construire une armure bien solide et développer une force à toute épreuve ! …avec un arrière-goût de dépression et de trouble d’identité
Et puis, comme c’est pas très pratique de se battre avec une jupe, j’ai eu la bonne idée de mettre ma féminité de côté !
J’ai développé aussi, en plus de l’autonomie et la force, un vif intérêt à comprendre la souffrance des autres, refusant de m’arrêter au masque qu’on me présentait… un peu comme Kirikou qui mène l’enquête pour comprendre pourquoi Karaba la sorcière est méchante !
 
À 5 ans, mes parents ont mis en place une garde « partagée » : les périodes scolaires à Paris chez ma mère, et toutes les vacances dans un petit village à l’autre bout de la France chez ma famille paternelle…
 
À 8 ans je découvrais la famille recomposée avec l’arrivée de ma belle-mère, puis de mes 5 demi-frères et sœurs !… les longues heures d’ennui ont laissé place à la joie et au partage de beaux moments… Bon, sauf avec ma belle-mère… que je voyais comme la marâtre en me prenant pour Cendrillon. Je dois admettre que je n’étais pas facile non plus… Attention aux étincelles !
En parallèle, j’étais fascinée par la foi de mes deux parents, chacun dans leurs croyances, et chacun étant critique de l’autre. Les questions existentielles sur la Vérité, le Sens de la vie, me préoccupaient déjà.
Tel un agent double, je me fondais dans le décors et les croyances, tantôt paternelles, tantôt maternelles… 
Ne pouvant m’engager vraiment ni dans une voie ni dans l’autre par conflit de loyauté, je décidais à 15 ans de me tourner vers la compréhension de la matière en dirigeant mes études vers la chimie. Des chiffres, de la logique, voilà qui était rassurant !
Et puis aussi, il faut le dire, cela faisait la fierté de mon grand-père, ingénieur chimiste.
Pendant mes 13 années de travail en laboratoire, je cherchais en parallèle à soulager mon mal-être : je souffrais secrètement de boulimie tout en ne sachant pas qui j’étais ou comment je devais être. J’étais complètement perdue dans ma vie. 
J’ai consulté de nombreux thérapeutes qui m’ont aidé à évoluer pas à pas… et à l’occasion j’étais « le cobaye » de ma mère qui commençait à se former à différentes thérapies.
La naissance de mon fils à 24 ans m’a donné enfin une bonne raison de vivre. Je tirais une grande fierté de l’élever seule… sans laisser paraître mes difficultés. J’en voulais beaucoup à son père de l’avoir abandonné. Mais comment font ces couples « normaux » qui élèvent ensemble leur enfant ? Peut-être ont-ils un secret qu’on ne m’aurait pas transmis ? 
 
Et puis on m’offrit un livre : « Mars et Vénus se rencontrent » , et ce fût la révélation : je pouvais arrêter de prouver sans arrêt que je savais me débrouiller toute seule, et laisser place à un homme…!
Je rencontrai l’homme susceptible de combler mes besoins, mais ma peur d’être abandonnée me poussais sournoisement à tout faire pour être appréciée… je me suis oubliée. Mais qui étais-je d’ailleurs ? 
J’ai donc fondé, à 29 ans, ma propre famille recomposée… en accueillant avec bonheur notre fille… une belle occasion d’apprendre la parentalité à deux, ça change !
Bon ok, d’accord, j’admets que pendant ces 9 années, j’ai fait à peu près toutes les erreurs à ne pas faire en famille recomposée… y compris celles que j’avais subies moi-même petite fille… le comble !
Mais j’ai beaucoup appris !!!  😉
 
Heureusement, à 30 ans j’ai découvert la sophro-analyse qui m’a permis un véritable changement profond et effectif.
Rapidement je suis devenue moi-même, et j’ai développé progressivement ma confiance en moi
Après une vingtaine de séances, une constellation familiale me libéra de la boulimie sévère que je cachais à tous depuis mon adolescence : du jour au lendemain, plus de crises ! Spectaculaire.
 
2e révélation : j’ai trouvé mon futur métier ! En plus c’était mon rêve d’enfant : aider efficacement ceux qui souffrent !
Et mince ! J’avais dit que je ne ferai pas comme ma mère… Bon, c’est raté ! Pas grave…
En 2012 j’ai ouvert mon cabinet à Rennes après m’être formée aux constellations familiales et systémiques avec Christine Louveau.
En 2013 je me suis formée à la sophro-analyse des mémoires prénatales, de la naissance et de l’enfance avec Christine Louveau.
Je découvris le plaisir d’accompagner les personnes vers leur libération.
 
Et je poursuivis mon travail intérieur… j’ai pu sortir de la dépression qui me plombait depuis ma petite enfance, j’ai pris conscience de mes erreurs en famille recomposée, je me suis ouverte à la spiritualité (la mienne !), je suis sortie de ma dépendance affective à mon conjoint.
C’est ainsi qu’en 2017, nos chemins se sont séparés… Même si j’étais emplie de tristesse, j’avais la conviction intime qu’une vie plus lumineuse m’attendais… il fallait juste que j’aie le courage de passer le cap.
Enrichie de toutes ces expériences de vie, je me sentais grandie, fondamentalement heureuse sur mon chemin. Toujours passionnée par mon métier, ce travail intérieur, avec des projets plein la tête… et puis comme tout arrive au bon moment …
 
 J’ai rencontré très vite la perle rare, et j’ai pu aborder avec beaucoup plus de sagesse et de justesse… ma nouvelle relation amoureuse !
Et… la famille recomposée qui va avec !  pas de panique, je connais un peu maintenant 😉
Je partage avec mon conjoint, thérapeute aussi, les outils de compréhension du système familial, de remise en question, de communication, et de transformation intérieure, qui nous permettent d’évoluer ensemble, en grandissant chacun de notre côté.
Oh… mais c’était mon rêve en fait !
 
Tout s’éclaire, se construit petit à petit…  De nos idées, de notre expérience de vie, de nos accompagnements thérapeutiques, de nos désirs d’harmonie familiale, est née une évidence : partager ce trésor aux familles séparées ou recomposées.
Non, c’est mieux qu’un simple pique-nique entre familles recomposées… quoique nous gardons l’idée,
c’est leur proposer la méthode en ligne qui va révolutionner leur vie 😉
Bientôt disponible : SOS familles recomposées !
 
En 2021, un problème de santé m’amène à me questionner sur ma vie et mon évolution professionnelle. Je prend conscience de la joie qui m’anime lors des petites formations que j’anime pour Consciencéa avec Erwann Clément, et décide de transmettre, toujours avec lui, la richesse de notre pratique en sophro-analyse des mémoires prénatales et des traumatismes du passé.
 
À suivre…